Sublime et inespéré ce mouvement des jeunes !!!

Publié le par Yves

Sublime ! Inespéré ! Le mouvement des jeunes lycéens, étudiants, salariés, a fait preuve d’une grande maturité. Fallait-il toucher le fond pour remonter, reconstruire, fonder à nouveau un espace politique où la discussion, l’action entre générations trouve enfin sa juste mesure, sans haine ? L’alliance s’opère, s’est opéré. La convergence des mots d’ordre, des revendications, des analyses, est étonnante. Les jeunes ont su poser des limites à un mode d’exploitation qui explose depuis trente ans : le CPE est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

 

 

La coupe est pleine. Mais de la coupe aux lèvres, il y a encore à gagner, à transformer l’essai en projet politique. Comment ne pas entendre cet appel à une nouvelle radicalité de l’action politique ? Dans les manifestations la jonction s’est faite entre ceux qui n’ont plus rien à perdre et ceux qui ont déjà tout perdu ou presque. Ce presque est essentiel. Il est le point de tangence, de rencontre entre la liberté de penser, d’action, d’invention des formes de luttes et son organisation, sa projection, son idéalisation.
Le réel de la souffrance a enfin trouvé des voies de symbolisations et de sublimation. Il n’y a pas de haine, juste une lutte organisée, responsable, qui va crescendo, et ne se trompe pas d’adresse. Les organisations syndicales ont trouvé toute leur place, et grâce à elles les propositions et les actions ont pu être conduites à terme, sans récupération, ni paternalisme. Cette manière d’agir, d’intervenir, de réussir ouvre un immense espoir à l’Europe entière.Au-delà des messages de solidarité, la jeunesse du monde nous admire, là où nous prouvons que résister est possible, et gagner enfin. Populaire, le mouvement l’est de bout en bout, il est porté par les jeunes issus des classes laborieuses qui en ont marre de la précarité, du chômage de leurs parents. Ils dénoncent à leur manière l’illusion capitaliste où l’égalité des chances est un leurre. La lutte des classes ne s’y affirme pas comme telle, elle prend d’autres formes : l’affrontement n’en demeure pas moins essentiellement politique.Le danger serait de remplacer la lutte des classes par la lutte des places, l’aspiration à un vrai travail, se doit de l’être pour tous (CNE compris), la sécurité emploi-formation est un mot d’ordre pré-révolutionnaire qui anticipe la remise en cause radicale des modes de financements et d’appropriation, en dehors desquels tout est illusoire.La plus grande victoire, réside dans l’esprit de résistance.
Nous ne devons pas crier victoire trop tôt, la droite et le MEDEF ont des capacités de récupération impressionnantes, et transformer le CPE, en aides aux entreprises est scandaleux. Par contre, les idées des réseaux d’emplois, de co-opérations et de sécurisation avancent, celles d’un grand service public de financement, de l’emploi, stagnent dangereusement.Les jeunes ont enfin posé les limites à la plus-value, au plus de jouir, au devoir mourir. En défendant le code du travail, ils ne sont ni passéistes, ni ringards, ils sont éthiques : ils disent la nécessité de la loi et de la norme, la même pour tous, et luttent contre toutes les discriminations, tandis qu’à Marseille, les sangs-papiers occupent la Maison de l’Etranger.
Elles étaient dans les manifs, ces mères avec leurs bébés dans les poussettes. Elles étaient entre les étudiants et les travailleurs organisés. Elles font la jonction et le lien, elles sont dans l’entre d’Eux générationnel réalisé un temps d’Eternité. Peut-être, si les mots d’ordres cimentent dans l’absolu les évènements historiques que nous sommes en train de vivre.
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Publié dans Points de vue

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