Non à la CROCOnstitution européenne !
Voilà de cela un peu plus de trois ans, le franc, notre monnaie nationale, disparaissait au profit de leuro, la monnaie européenne.
À lépoque, pour nous faire accepter cet abandon, on nous avait rebattu les oreilles en nous disant quavec la nouvelle monnaie tout irait mieux : que notre économie serait plus compétitive et que nos chômeurs seraient moins nombreux.
Force est de constater aujourdhui quil nen a rien été, et quau contraire, nos industries ne se sont jamais autant délocalisées et que les pauvres nont jamais été aussi nombreux.
Au passage à leuro, on se rappelle aussi toute lhistoire quavait faite M. Chirac quant au fait que Jean-Claude Trichet, gouverneur de la Banque de France, nait pas été nommé pour loccasion gouverneur de la Banque Centrale Européenne. Une histoire qui laissait à penser quil suffisait pour M. Chirac de nommer un Français à la Banque européenne pour compenser le préjudice davoir perdu notre monnaie. Autrement dit, tant pis si je dois être fusillé, pourvu que les balles soient françaises !
Et quel Français, ce Trichet ! Un Français qui, quelques années plus tard, passant enfin gouverneur de la Banque Centrale Européenne, sempressait de dire aux journalistes qui linterrogeaient : « I am not a French-man (sic) » (je ne suis plus français) et qui travaille en anglais à longueur de journée dans sa banque forteresse à Francfort en Allemagne. À la vue de ce quest en définitive M. Trichet, cest-à-dire un suppôt de la finance internationale, nous serions bien en droit de demander des explications à M. Chirac, son parrain, sur le comment et le pourquoi de ce parrainage. Était-ce de sa part une diversion, un amusement, une erreur ?
Dans la série, je te divertis à tribord pour tengloutir à bâbord, il y a aussi les récents événements estudiantins, ces jeunes qui manifestent dans la rue contre la réforme de lenseignement voulue par le ministre François Fillon. Par dizaines de milliers, ils ont protesté contre la réforme du baccalauréat, contre la suppression des TPE (Travaux Personnels Encadrés), contre le manque de professeurs, etc., mais nul mot sur la politique du tout anglais qui est en train de se mettre officiellement en place dans le système éducatif de notre pays. De notre pays et ailleurs en Europe, puisque, au Portugal, comme par hasard, on parle là-bas aussi de rendre langlais obligatoire dès le primaire. À se demander, soit dit en passant, sil ny aurait pas, in fine, des directives européennes occultes pour mettre en place langlais partout en Europe ?
En bref, en gros et en large, les syndicats denseignement, les associations de parents délèves, et les étudiants eux-mêmes sont contre un système éducatif à laméricaine, où, pour prendre un exemple, les diplômes auraient une valeur différente selon lécole où ils ont été passés, mais ne sont pas contre la généralisation de langlais, cest-à-dire contre la langue cheval de Troie du système qui génère ces dérives. Paradoxal, non ?
En fait, les tenants de la politique mondialiste et euro-atlantiste qui ont la main actuellement en France, nont nullement été perturbés par la colère estudiantine, car ils ont gagné sur lessentiel : langlais. Ils savent pertinemment quavec langlais dès le CE1, cest-à-dire dès lâge de 8 ans, il suffira dune ou de deux générations pour que demain la jeunesse raisonne autrement, selon des préceptes anglo-américains, bien évidemment, et pour quelle accepte finalement ce qui, aujourdhui, lui paraît injuste et abject.
Après la monnaie et la langue, il faut maintenant, pour achever la bête, lui casser la colonne vertébrale, autrement dit, lépine dorsale qui lui permet de se tenir debout, sa Constitution.
Voilà donc quarrive une nouvelle Constitution, la Constitution européenne, en attendant, somme toute demain, une Constitution mondiale !
Jusquà maintenant une Constitution était un ensemble darticles de loi régissant une nation, un ensemble de lois qui permettaient le fonctionnement et lexistence dune population ayant le maximum de points communs tels que historiques, géographiques, culturels et linguistiques. Cela dit, lEurope est-elle une nation pour quil faille lui donner une Constitution, pourrait-on se demander en préalable ? Y a-t-il en Europe une unité historique, géographique, culturelle et linguistique pour la considérer comme un seul bloc, comme un seul peuple ? Dire oui, cest, par exemple, trouver normal dallumer ses phares de voiture en plein jour au mois daoût, alors quon est dans le Midi de la France, cest gommer dun trait et ne plus voir la différence entre les brumes dÉcosse et la clarté étincelante de la garrigue méditerranéenne. Cest grave ! Au-delà de cette anecdote, et pour parler de démocratie, puisque ce mot est tant à la mode aujourdhui, ne faudrait-il pas préciser que cest à travers le cocon dune nation que sexerce et doit sexercer la démocratie ? En effet, dans le cas contraire, que vaudra notre avis, si la démocratie, cest-à-dire la loi de la majorité sur la minorité, sexerce désormais à léchelon européen et non plus national ?
Quel poids aura une voix francophone dans lEurope américanisée de demain qui se prépare ? Certainement moins quune voix québécoise au sein de la Confédération canadienne. Déjà, au parlement européen, il y a plus de députés allemands que de députés français, rien ne dit que demain une majorité pro-atlantiste ny soit majoritaire et ny impose ses vues au reste de lEurope ; bonjour alors la guerre aux côtés de Bush !
Il serait bon de se rappeler aussi que la Constitution française, pilier de notre Nation, a signé la mort des particularismes de nos régions. Forts de cet exemple, ne serions-nous pas en droit de craindre que la Constitution européenne fasse de même, mais cette fois-ci en signant la mort des particularismes des nations qui composent lEurope (voir en cela la Charte européenne des langues régionales et minoritaires), transformant le citoyen libre et ouvert des nations, en individu prisonnier de son ethnie. Sur le cadavre de lEurope des Nations apparaîtra alors, bien évidemment, lEurope des régions où le bilinguisme langue éthique-anglais sera de mise et où le français aura perdu son statut de langue nationale et internationale.
LA.FR.AV menant le combat contre la langue unique, contre la pensée unique, se doit de mener aujourdhui le combat contre la Constitution unique. LEurope na pas besoin de Constitution, car elle nest pas une nation, elle est un ensemble de nations qui doivent chacune garder leur propre Constitution. Certes, pour fonctionner entre elles, elles ont besoin de règles communes, mais règles communes nentraînent pas règles uniques, comme objectifs communs nentraînent pas nécessairement moyens uniques pour y parvenir. Tous les chemins mènent à Rome, dit un proverbe, et ce serait une dictature que de les barrer tous pour nen laisser quun seul en service. Lunion européenne doit rester une union de Nations, de nations coopérant pour la paix et le développement et non travaillant entre elles pour leur disparition, le tout aux services de la finance internationale et des intérêts mondialistes. LEurope doit rester un diamant aux mille facettes et non devenir une pierre polie uniforme que la lumière ne traversera plus jamais.
Comme pour le franc et Trichet, comme pour langlais obligatoire dès 8 ans pour nos enfants et la réforme du baccalauréat, ne nous laissons pas berner par des contre-feux. Pour cela, face à la Constitution européenne quon nous propose par voie référendaire, il ne sagit pas de dire que ses articles sont bons ou pas bons pour nous, il sagit seulement de dire « NON MERCI », nous avons déjà une Constitution.
Le Président de lA.FR.AV
Régis Ravat