A Martigues, 6 000 militants du non de gauche réunis
Jeunes ou vieux, ouvriers ou enseignants, étudiants ou chômeurs, techniciens ou cadres, femmes et hommes : la foule joyeuse qui se presse à l'entrée de
Roger Ruzé, conseiller municipal de secteur de Marseille, de tous les combats de la gauche, jubile : "Sur le marché de l'Estaque, samedi, c'était presque palpable. En quelques jours, brusquement, tout s'est cristallisé. On ne distribuait plus les tracts, les gens venaient nous les prendre." Robert Garozzo, secrétaire CGT du CE de Nestlé qui lutte depuis un an contre la fermeture de l'usine de Marseille, espère : "En France, il y a quand même plus d'ouvriers que de patrons ! Ils vont bien se rendre compte que c'est cette Europe qui permet à Nestlé de délocaliser notre production en Italie ou en Espagne. C'est sûr que le non va gagner."
Gilbert Koupiguian, syndicaliste d'Ascométal à Fos-sur-Mer, dit qu'ils sont venus à vingt de son usine : "On a eu des discussions en section, et c'est le ras-le-bol qui est sorti. Tout se mêle. Mais les gars ont une vision très dynamique du non, ça les rend gais. Il y a un grand décalage avec la dramatisation que font les gens du oui." Pierre Godard, de
6 000 personnes sont donc venues, en car, en voiture et en groupe, drapeau rouge du PCF, de la LCR ou de la CGT fièrement brandi, et prennent place dans
Premier à déchaîner la foule, Marc Dolez, député (PS) du Nord : "Voter non, c'est tirer les leçons du 21 avril, sanction de l'impuissance politique" , lance-t-il d'une voix de stentor. Triomphe, ovation debout.
Porte-parole de la LCR, Olivier Besancenot rejoint Mme Buffet à l'applaudimètre en lançant : "Les Français ont trouvé le moyen de dire "merde" au libéralisme." Mais son morceau de bravoure est sur l'unité retrouvée de la gauche : "On n'a plus envie de se quitter. On va continuer après le 29 mai." La salle chavire. Elle fond quand le comédien