Le pouvoir de dire NON
Cest fait. Les Français ont dit non. lls ont osé dire non, non, ils ont pris le pouvoir de dire NON. Malgré un déferlement de propagande officielle, un matraquage médiatique sans précédent, la montée en ligne de toute la classe politique européenne, le recours aux intimidations, aux amalgames, aux chantages. Les électeurs ont déjoué le piège, refusant dendosser le scénario qui prétendait les consulter mais nautorisait quune seule réponse possible. Ils se sont emparés du débat, se passionnant pour un texte quon voulait leur cacher, prenant en charge, avec toutes les forces politiques et sociales engagées dans la bataille du NON, le débat citoyen dont on voulait les priver. Le résultat est sans appel : une mobilisation électorale franche et massive, une victoire du NON nette et sans bavure. La démocratie a gagné. Le libéralisme a perdu en FRANCE.
Le projet de constitution européenne est rejeté. Notre pays nen veut pas. La voie est désormais ouverte pour reconstruire avec les autres peuples européens un nouveau traité. Car le sens de ce vote est clair, même sil faut parier dans les jours qui viennent sur une farouche bataille dinterprétation, la victoire du NON est dabord le fruit dune formidable mobilisation populaire, et dun renouveau politique à gauche. Elle est un appel à construire au plus vite lEurope sociale, une Europe de la solidarité, du progrès pour tous, qui refuse la loi de la jungle, la mise en concurrence des travailleurs, à refuser cette Europe qui nenrichit que les détenteurs de gros capitaux.
Dans lEurope entière, depuis hier soir, cest la consternation dans les états-majors, mais les peuples tournent leurs regards vers la France, lécho du NON français se propage comme une trainée de poudre. Des énergies vont se révéler. Un grand espoir est né et il est appelé à se développer dans toute lUnion européenne.
La force du message adressé hier par les électeurs de notre pays est incontournable. Ce vote, nos gouvernants doivent laccepter ou partir. Un Conseil européen doit se tenir à la mi-juin à Bruxelles. Le mandat porté par les autorités françaises vient dêtre fixé par le peuple lui-même. Cela sappelle la souveraineté populaire. La France doit demander labandon du traité Giscard et exiger la négociation dun nouveau traité. Sans attendre, les directives Bolkestein et autres feuiiles de route libérales doivent être abandonnées. Rien ne devrait sy opposer puisque même les partisans du oui nont cessé de nous expliquer quelles nétaient plus à lordre du jour. Le peuple, qui a pris la main avec la campagne du référendum, ne doit plus la lâcher. Cest à lui décrire la nouvelle page de lEurope, avec les autres peuples du continent. Le changement de cap devra aussi concerner la politique nationale. Après un tel résultat, le pays attend bien plus quun remaniement déquipe gouvernementale, encore moins une nouvelle impulsion donnée à la politique de la droite, pour reprendre lexpression de Jacques Chirac jeudi dernier. La majorité de notre peuple réclame cette fois encore, et avec quelle force, un changement complet de politique.
Cette exigence nattendra pas 2007. Le message adressé par notre peuple à la gauche est lui aussi très clair. Il attend delle courage et engagement face aux forces de largent. Le peuple répond présent quand elle sait prendre ses responsabilités, comme celà a été le cas dans cette bataille. La force de ce rassemblement, il faut désormais la faire fructifier. Les défis sont là, devant nous : pour une autre Europe, pour une alternative populaire de gauche. La promesse ouverte par cette formidable victoire nous la tiendrons ensemble.
Tous ensemble ! Tous ensemble ! Tous ensemble ! Tous ensemble !
Et comme le dit et l'écrit souvent un de mes amis en citant des paroles célèbres :
HASTA LA VICTORIA SIEMPRE