5 000 fonctionnaires à la trappe

Publié le par Yves

Le pouvoir voudrait en supprimer 38 000 par an.

Les fonctionnaires coûtent cher : c’est ce que le pouvoir ne cesse de répéter.

 

Faut faire des économies sur leurs salaires, leurs pensions. 120 milliards d’euros pour la fonction publique d’État, cette somme est présentée dans le rapport du député UMP sur le budget de la fonction publique comme “ réduisant les marges de manœuvre budgétaires ” de l’Etat, qui ne parvient plus à tenir ses “ engagements ” européens en matière de contrôle des déficits…

 

Pour le gouvernement, il faut donc poursuivre “ l’effort ” de réduction des effectifs entamé ces dernières années : alors que près de 12000 emplois ont déjà été sabrés depuis 2003 dans la fonction publique, 5100 emplois supplémentaires doivent disparaître en 2006. Des “ efforts substantiels ” sont demandés au ministère de l’Agriculture, de l’Équipement ou à celui de l’Économie. À l’opposé, le ministère de la Défense gagne 500 emplois, tout comme la Justice tandis qu’en application de la loi sur la sécurité intérieure, 800 emplois de gendarmes et 650 de policiers vont être créés.

 

Mais pour le rapporteur, cette diminution “ relativement modeste ” ne va pas assez loin. Et il ressort une menace régulièrement agitée depuis le début de la législature : “ Il faut tendre vers une réduction des effectifs qui se rapproche d’un remplacement sur deux seulement des départs à la retraite les dix prochaines années ”. Avec 76 000 départs par an, une “ opportunité démographique qui ne se reproduira pas ”, une telle politique diminuerait de 380 000 le nombre de fonctionnaires en dix ans.

 

“ Les efforts de productivité ”, c’est-à-dire les suppressions de postes, devront porter sur les “ back offices ” (en français, les agents travaillant à des “ fonctions de soutien ”, opposés à ceux qui travaillent au contact du public).

 

La “ modernisation de la fonction publique ” préconisée par le gouvernement se réduit donc pour l’instant à des suppressions d’emplois, que le pouvoir a promis de vendre aux fonctionnaires en leur redistribuant “ sous forme de pouvoir d’achat, 50% des économies réalisées sur les réductions d’effectifs ”.

 

En attendant, le ministre de la Fonction publique organise avec chaque ministre des “ conférences annuelles de gestion prévisionnelle des ressources humaines ” chargées “ d’examiner les stratégies pluriannuelles des ministères et de s’assurer que ces stratégies sont cohérentes avec la politique générale que l’Etat entend mener en matière de fonction publique ”. Les ministres doivent fournir d’ici le 1er février des chiffres de réduction d’effectifs et de non-remplacement.

 

De son côté, le ministre de l’Économie entame une nouvelle campagne de culpabilisation sur l’“ énormité ” de la dette française (Breton parle à présent de 2000 milliards d’euros) et donne en exemple, via Le Figaro, la Suède qui a diminué le nombre d’agents de l’État de 40%…

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Publié dans Points de vue

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