Chacun pour soi et tous contre tous.
Chaque jour qui passe révèle un peu plus la nature de la “bataille pour l’emploi” du gouvernement : une véritable machine de guerre sociale, jouant de la chasse aux pauvres, de concessions toujours plus grandes au patronat et de la peur sociale pour faire passer le tout.
Gouvernement et Medef jouent chacun leur partition. L’un organise l’exclusion massive des chômeurs des statistiques officielles et la précarité accrue des salariés à base de contrat nouvelles embauches. Le second entend bien pousser l’avantage et faire payer aux salariés qu’il licencie le prix de l’assurance chômage. Quand s’ajoute à cela la suppression de près d’un million de postes dans l’industrie en un an, comment s’étonner que le nombre d’allocataires du “ revenu minimum d’insertion ” explose ? Et l’on voudrait les culpabiliser un peu plus en osant prétendre que celui qui touche à peine 425 euros par mois est un odieux profiteur du système ? Survivre avec moins de 15 euros par jour serait un privilège quand payer l’impôt sur la fortune serait une injustice criante ?
La décision de faire supporter aux départements la gestion du revenu minimum d’insertion place ceux-ci en première ligne de la pauvreté de masse. Le résultat en est qu’entre 2004 et 2005, l’explosion du nombre d’allocataires du très mal nommé “ revenu minimum d’insertion ” a fait doubler le déficit à charge des départements : de 456 millions à 1 milliard d’euros. Quand, dans le même temps, on vote un budget qui réduit la taxe professionnelle servant à financer régions et communes, on multiplie les cadeaux fiscaux aux privilégiés, on refuse de s’attaquer aux profits financiers “ record ”, quelles marges de manœuvre dégage-t-on pour conforter et développer de vraies politiques publiques d’aide à l’emploi et de vraie solidarité ? Aucune. Il s’agit donc de mettre en place un dispositif d’exclusion de plus. Et plutôt que d’envisager des aides à la recherche d’emploi, de prise en charge des frais de déplacements par exemple, les “ primes ” annoncées, entièrement dédiées aux éventuels titulaires du RMI ayant retrouvé un emploi, risquent de ce fait de ne relever que de l’annonce cosmétique.
L’air du soupçon qu’apprécie cette droite autoritaire, libérale, populiste vise exclusivement les principales victimes de sa casse systématique de toutes solidarités et sécurités sociales. La seule réponse apportée par le gouvernement et sa majorité est de diviser un peu plus celles et ceux qu’elle frappe le plus durement : salariés au pouvoir d’achat étranglé contre chômeurs “ fainéants ”, chômeurs contre bénéficiaires du RMI “ fraudeurs ”, vieux contre jeunes, Français contre immigrés. Chacun pour soi et tous contre tous, tel est le rêve de ceux qui réhabilitent dans les manuels scolaires le “ temps béni des colonies ”.
La France était en crise. La victoire de la droite en 2002 l’a mise sur le chemin de
La rupture de civilisation qui s’amorce sous nos yeux appelle comme jamais l’esprit de résistance collective, le refus de tomber dans les pièges de la démagogie populiste et de la xénophobie et un projet crédible et audacieux pour un autre type de société.