La pauvreté progresse

Publié le par Yves

Selon le dernier rapport de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale, la France comptait 3,694 millions de pauvres en 2003.

 

Ce chiffre correspond au nombre de personnes dont les revenus sont inférieurs au seuil de pauvreté fixé à 50% du revenu médian, soit 645 euros par mois pour une personne seule. Ce chiffre augmente de 4% par rapport à 2001. Cependant, le nombre de pauvres double quasiment, 7,015 millions, si l’on prend pour référence le seuil de pauvreté utilisé en Europe qui correspond à 60% du revenu médian !

 

Mais, au-delà des chiffres, c’est la tendance générale qui ne laisse pas de préoccuper. Alors que la pauvreté dite “ monétaire ” baissait régulièrement depuis plusieurs années, le rapport constate que depuis 2003 elle augmente . de plus la hausse sensible du nombre de bénéficiaires de minima sociaux semble indiquer une “ aggravation de la pauvreté entre 2003 et 2005 ”.

 

Parmi les pauvres, les femmes sont sur-représentées notamment parce qu’elles sont plus souvent chef de famille mono parentale que les hommes, mais aussi en raison de l’écart salarial qui persiste entre les deux sexes. Les travailleurs à bas salaires sont à 80% des femmes ! Même augmentation chez les très jeunes et les très âgés.

 

Les traditionnels indicateurs monétaires (seuil de pauvreté) sont “ incontournables ” pour suivre les évolutions de la pauvreté dans le temps. Cependant, ces outils ne rendent pas forcément compte “ des populations les plus en difficulté ou marginales qui échappent largement à l’appréhension de la statistique publique ”. En outre, ces indicateurs ne permettent pas d’éclairer sur le caractère récurrent ou permanent des phénomènes de pauvreté et donc de “ cerner correctement les trajectoires et les dynamiques des individus ”. Enfin, ils échouent à rendre compte du vécu des populations pauvres, en particulier dans l’accès aux droits fondamentaux.

 

Le risque de pauvreté monétaire est fortement lié à une situation de non-emploi. Même si le fait d’avoir u emploi ne préserve pas de la pauvreté.

 

Le rapport critique les politiques actuelles de l’emploi. L’abaissement du coût du travail par les exonérations de charges et les réformes favorisant la reprise d’une activité salariée peuvent avoir des conséquences défavorables sur la situation des personnes en difficulté. En particulier lorsqu’elles s’accompagnent d’un repli des contrats aidés alors que ceux-ci permettent “ le plus souvent d’améliorer sensiblement les conditions de vie de la personne ”.

 

On note donc une sensible aggravation de la pauvreté en France ces trois dernières années. Le durcissement des conditions d’indemnisation du chômage a été à l’origine d’une vive augmentation du nombre d’allocataires de minima sociaux, ce qui est tout sauf un progrès.

 

Pour l’Observatoire, il faut intervenir en même temps dans les différents domaines de la lutte contre la pauvreté : “ lutte contre l’illettrisme, formation, santé, logement, emploi ”.

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Publié dans Ce que nous pensons

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