Nouvelles exonérations de cotisations sociales : le gouvernement arrose le patronat pour tirer les salaires vers le bas

Publié le par Yves

Tandis que la hausse des salaires demeure une demande prioritaire de nos concitoyens, le Premier ministre a annoncé, ce matin, que les entreprises de moins de 20 salariés ne verseront plus de cotisations sociales au niveau du SMIC. Ce nouveau chèque en blanc au patronat, qui s’ajoute aux 17 milliards d’euros d’exonérations déjà consenties chaque année, montre que le gouvernement se préoccupe d’abord d’offrir au MEDEF une main d’œuvre malléable à moindre frais plutôt que de promouvoir un emploi stable et bien rémunéré pour tous. Car la baisse des chiffres officiels du chômage ne saurait masquer la persistance d’une précarité massive et le développement des embauches sous-payées. Aujourd’hui en France, prés d’un million de personnes ayant travaillé plus de six mois dans l’année vivent dans la pauvreté, malgré leur activité.

Où est la justice économique vantée par Dominique de Villepin quand la moitié des salariés, qui perçoit moins de 1.455 euros par mois, se voient refuser toute revalorisation significative de leur feuille de paie alors même que les dividendes versés par les entreprises aux actionnaires ont augmenté de 50 % en 2005, le taux de distribution des profits en leur faveur grimpant de 10% ?

L’UMP, depuis 2002, n’a de cesse de favoriser la prédation par les marchés boursiers et les actionnaires des richesses créées. La finalité de sa politique consiste à poursuivre la baisse de la part des salaires dans le revenu national. Depuis 20 ans, 10 points de PIB, soit 160 milliards d’euros, ont été transférés des salaires aux revenus financiers, tandis que la part consacrée aux investissements a stagné. Ce transfert pèse sur la croissance en bridant la consommation des ménages, freine les créations d’emplois de qualité et déstabilise le système de protection sociale.

Il est urgent de rompre avec ces méfaits du capitalisme financier en portant immédiatement le SMIC à 1500 euros, en taxant les placements spéculatifs pour favoriser les investissements productifs et socialement utiles, en élaborant une véritable sécurité d’emploi et de formation, qui passe aussi par l’obligation, dans le privé comme dans le public, de négocier des plans de départs à la retraite contre embauches et, plus largement, par la création de droits d’ingérence des salariés dans la marche des entreprises.

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