JAMAIS ILS NE SONT TOMBES AUSSI BAS DEPUIS 60 ANS,
Ils trompent. Ils ont commencé par présenter une interprétation fausse du texte. Deux exemples qui se répètent chaque jour. Strauss-Khann déclare que le traité offre une base légale pour des services publics qui nexistent pas dans le texte, celui-ci traitant des « services dintérêt économique général » lesquels sont soumis aux règles de la concurrence et ne peuvent exister que lorsque le marché est défaillant. Lang répète à satiété que tous les droits sociaux sont inscrits dans le traité, alors que rien ne vient consacrer les droits au travail, au logement, à la santé, au minimum dexistence, au salaire minimum garanti, à lallocation de chômage, à la pension de retraite. Si on compare les droits consacrés dans les Constitutions et législations nationales de la majorité des pays de lUE, un seul constat simpose : régression. Mais ils nous disent tout le temps le contraire.
Ils trichent et dissimulent. Constatant que plus les gens connaissent le traité, plus ils le rejettent, les défenseurs du « oui » ont alors entrepris de cacher ce quil y a de plus repoussant dans le texte. Ainsi, à linstar de Valéry Giscard dEstaing qui considère quon ne doit pas parler de la troisième partie du traité, le social-démocrate Olivier Duhamel, professeur de droit qui sévit tous les matins, grâce à nos deniers, sur France Culture, publie sous le titre « Constitution européenne», un petit livre dans lequel manquent 325 des 448 articles du traité ! Et il fait école ; plusieurs versions incomplètes circulent maintenant en France. « Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots » disait Jaurès
Ils sabotent. Lors des dernières élections régionales, les Français ont voulu sanctionner la majorité la plus conservatrice que la France ait eu depuis Vichy. Cette sanction a eu pour effet damener des sociaux-démocrates à la direction de 20 Régions sur 21 et dun grand nombre de Conseils généraux (assemblées départementales). Aujourdhui, ces élus qui se prétendent encore de gauche refusent dautoriser lusage de salles à des opposants de gauche au traité constitutionnel. Ou bien, plus sophistiqué, ils retirent lautorisation à la dernière minute pour rendre la réunion impossible. Procédés de droite ? Assurément. Pratiqués avec la même hargne par les libéraux de gauche.
Ils effraient. A entendre certains membres de la direction du PS et de la direction des Verts, le rejet de ce texte sur lEurope doù sont absentes les valeurs nées en lEurope (laïcité, souveraineté populaire, séparation des pouvoirs, contrôle de lExécutif par le législatif, droits sociaux, services publics ) provoquerait une « crise dramatique » , voire « le chaos », la « disparition de leuro », la « fin de lEurope » au point que ce choc sapparenterait à une « déflagration atomique qui vitrifierait tous les Français. » Un des grands prêtres de la pensée unique qui sévit sur les ondes de France Culture, une station publique de radio, nhésitait pas à annoncer la « situation chaotique de 1789 » et à « espérer que la Terreur ne reviendrait pas » ! Procédés de droite ? Sans nul doute. Qui signent ce que sont devenus ceux qui se disent de gauche et qui y ont recours.
Ils méprisent, discréditent et diabolisent. Tous les média, le quotidien LHumanité, lhebdomadaire Politis et le mensuel Monde diplomatique et quelques revues exceptés, sont favorables au traité, conformément à lattente de leurs propriétaires et des annonceurs. Les stations de radio comme les chaînes de télévision manifestent une partialité quils condamnent avec véhémence lorsquelle est pratiquée à létranger. Les collectifs pour un « non de gauche » ont organisé plus de 2.300 réunions publiques qui ont pratiquement toutes été boycottées par les média alors que, dans une immense majorité de cas, elles faisaient salle comble. La plupart des journalistes affichent un parti pris qui étouffe le droit à linformation des auditeurs, téléspectateurs et lecteurs. Jamais, depuis les heures les plus sombres de lhistoire de France contemporaine, la presse ne sest alignée de la sorte. Non seulement linformation est biaisée, mais un ton convenu sest généralisé pour disqualifier les adversaires du traité constitutionnel. Ces gens des média qui ont abandonné toute éthique professionnelle, avec arrogance et mépris, laissent entendre que tout adversaire du texte proposé à ratification ne peut être quun inculte, voire un idiot.
Ils insultent. Tous ne se limitent pas au sous-entendu. Certains, ne reculent plus devant linsulte. Ceux qui osent critiquer les orientations néolibérales du traité sont qualifiés d « idéologues », de « ringards », de « néo-communistes », de « néo-cons » ; ceux qui soulignent labsence de droits sociaux et la subordination de lharmonisation sociale aux lois du marché sont traités de « corporatistes » « populistes », de « poujadistes » ou encore de « péronistes». Les opposants au traité appartiennent, selon les mots dun dirigeant socialiste, à « la faune ». Une affiche nhésite pas à assimiler tout partisan du « non » à un adepte de Le Pen ! Olivier Besancenot, Marie-Georges Buffet, Henri Emmanuelli, Jean-Luc Mélanchon rangés à lextrême droite ! Un des directeurs de conscience de la gauche caviar nhésite pas, dans cet hebdomadaire pour sociaux libéraux bien pensants quest Le Nouvel Observateur, à nous traiter de « socialistes nationaux ». Ils osent se réclamer de Jaurès, mais ils utilisent les mêmes procédés que ceux qui le combattaient.
La pression patronale est discrète, mais intense. Le MEDEF au niveau français, lUNICE au niveau européen ont obtenu ce quils exigeaient dans cette Constitution. Et on ny trouve pas ce quils rejetaient. Il sagit maintenant de figer durablement le démantèlement dun modèle de société que les patrons européens avaient dû progressivement concéder suite aux luttes sociales des XIXe et XXe siècle et après le discrédit subi par leur collaboration avec le nazisme. Il sagit denregistrer dans un traité constitutionnel contraignant les reculs démocratiques et sociaux imposés depuis 25 ans avec la complicité active des libéraux de gauche.
Avec lassentiment de la direction du PS et de la direction des Verts, qui ne protestent pas contre la violation massive du droit à une information complète et honnête et sen font même les complices, les Bouygues (TF1), Dassault (Le Figaro), Lagardère (Europe n°1, Paris-Match), Minc (Le Monde), Rothschild (Libération) sassurent du travail de propagande des média quils possèdent et des médias publics désormais à la merci des annonceurs quils contrôlent. Ils ont acheté le Quatrième Pouvoir ; ils en ont fait une officine de propagande.
Ils se sont tout permis ; ils ont affiché le plus total mépris pour ceux qui vont voter autrement quexigé par les libéraux de droite et de gauche. Ne doit-on pas craindre que le 29 mai, ces gens qui nont reculé devant rien, nhésiteront pas à trafiquer les résultats ?