NOTRE DEVOIR, DIMANCHE ET APRES
Notre force de conviction sappuie sur une analyse rigoureuse de la Constitution européenne proposée et sur une conception de la société qui prend au sérieux le triple objectif de liberté, dégalité et de fraternité pour tous les peuples dEurope et du monde.
Dores et déjà, ce que nous avons entrepris depuis lAppel des 200 lancé le 19 octobre dernier porte ses fruits :
- nous avons aidé le peuple à se réapproprier la politique et fait revivre la démocratie ;
- nous avons cultivé une conception du débat citoyen basée sur le respect auquel chacune et chacun a droit en fournissant une présentation honnête du contenu de la Constitution et des implications de ce contenu ;
- face aux insultes et au dénigrement systématique des partisans du « oui » et de leurs relais médiatiques, nous avons maintenu la dignité quimpose le débat démocratique ;
- nous avons, à peu près partout, privilégié la démarche unitaire inspirée par lAppel des 200 et généré des centaines de collectifs composés à limage du collectif national.
Un grand espoir sest levé dans tout le pays. Des milliers de personnes ont, spontanément ou de manière organisée, rédigé ou distribué des tracts, collé des affiches, préparé et tenu des milliers de réunions publiques. Un intense travail déducation populaire, digne du mouvement social du 19e siècle et du début du 20e , a rendu confiance aux femmes et aux hommes dans leur capacité citoyenne. Nous avons même, Européens convaincus, porté lespérance dune Europe de solidarité au-delà des frontières nationales et suscité, auprès de milliers de personnes hors de France, lattente dun « non » français à une Europe des inégalités.
Dores et déjà, ce que nous avons réussi nous impose, à légard du peuple de gauche, des responsabilités qui vont au-delà du 29 mai. Lesprit et la dynamique de lAppel des 200, qui sont au cur de notre démarche, doivent demeurer et se prolonger.
Il faut inscrire dans la durée les centaines de collectifs qui ont animé la campagne et qui vont encore travailler dans les heures qui viennent. Il faut leur donner une expression nationale permanente et réunir à cette fin une convention nationale de tous les collectifs pour une France et une Europe démocratiques et sociales. Dabord, pour apporter notre soutien aux autres peuples dEurope qui vont se prononcer dans les semaines et les mois qui viennent et pour jeter les bases dun grand mouvement européen qui exigera que le Parlement européen élu en 2009 soit doté des pouvoirs constituants. Ensuite, pour mettre ces collectifs à lécoute des attentes populaires et, comme la proposé José Bové, rédiger des « cahiers de propositions » qui identifieront, dans chaque coin de France, ce qui rendra la vie plus belle. De lEurope au local et du local à lEurope, il nous faut privilégier, dans la même démarche unitaire, ce qui crée, nourrit, élargit les solidarités nationales, européennes et internationales qui donnent un sens à notre humaine condition.
Nous navons pas le droit de décevoir. Ni dimanche. Ni après.